Expo Gravures & Cartonnages de Jacques Chauchat

En ouverture de la saison 2016/2017, la galerie Chybulski  accueille du 17 septembre au 9 octobre des Gravures et Cartonnages de Jacques Chauchat.

Formé à la prestigieuse école d’Arts Décoratifs Camondo, en design et architecture, Jacques Chauchat a commencé à travailler pendant une dizaine d’années comme décorateur sur de nombreuses productions de théâtre et d’opéra dans toute l’Europe, au coté du célèbre peintre et scénographe argentin Roberto Platé. Avant de se consacrer pleinement à la peinture et d’élargir par la suite son activité à la gravure, la construction de machines et la scénographie notamment avec le musicien Fantazio. Bien connu des fidèles de la galerie Fantazio assurera la partie musicale lors du vernissage, avec le clarinettiste et saxophoniste de jazz Antonin-Tri Hoang.

Il n’est jamais simple de parler des œuvres d’un artiste. Mais Jacques Chauchat a eu la bonne idée d’écrire un Manifeste pour moi-même très éclairant. Le voici en intégralité :

Je ne crois pas à la peinture abstraite

Je ne crois pas au monochrome

Je ne crois pas à la peinture punk

Je ne crois pas à la peinture rock

Ni à toutes les peintures à adjectif

Tout cela ne fait en fin de compte que des nuages, des flaques ou des griffures.

Nos glorieux aînés ont tout mis par terre, très bien, cela devait sans doute être fait, mais le chaos des uns n’est pas le chaos des autres, on ne construit ni un homme ni une cité avec ça. Il faut rester poli, je veux dire délicat et élégant, conscient de son peu, modeste, ce qui est déjà très ambitieux : simple et vrai.

Il y a une permanence dans la peinture, c’est là son royaume, c’est là qu’elle règne, je veux en être, la peinture est ce qui reste.

Je crois dans l’intelligence du regard, dans l’intelligence du spectateur, il ne faut pas trop dire, il comprend tout, il voit tout.

Je crois en une peinture de dessin et de couleur, expression de toute l’âme de l’artiste, suffisamment achevée pour circonscrire un monde et suffisamment inachevée pour que chacun puisse la faire sienne. Un tableau trop fini est un tableau mort.

Je cherche le charme, l’envoutement, la confrontation au mystère. On ne l’attrape que fortuitement, avec beaucoup de travail ou pas.

Je crois qu’il faut du temps, de la rumination, ce qui ne veut pas dire que le tableau soit mentalement pré peint, mais qu’il soit suffisamment sédimenté dans le peintre pour pouvoir sortir sans le gris de la pensée pensant sur elle-même.

Je ne crois pas au grand format, cela voudrait dire de grands projets, de grands desseins, de grandes gloires, ce temps-là est malheureusement derrière nous ; aujourd’hui c’est le doute et c’est aussi la honte ce qui est un bon début pour changer.

Etreindre une beauté nouvelle.

Je crois qu’il faut rire et aimer ou bien l’inverse

Je ne sais pas.

Jacques Chauchat